L’utilisation massive de plâtre dans le bâtiment implique la création de grandes quantités de déchets lors des opérations de déconstruction ou de rénovation. Heureusement, son recyclage est tout à fait possible, et même plus facile que pour d’autres matériaux de construction. Il est recyclable à l’infini et il existe des procédés efficaces et bien connus pour le faire.
Le plâtre a un cycle de vie infini et peut être recyclé à 100% et indéfiniment. Le recyclage plâtre peut utiliser des déchets de diverses origines, comme les opérations de démolition et de rénovation, les chutes de plâtre, le plâtre souillé ou celui qui a séché avant son utilisation. Les déchets de plâtre sont collectés dans des bennes spéciales, directement au niveau des chantiers ou dans des déchetteries.
En France, le recyclage plâtre se faisait jusqu’à présent sur une base volontaire, notamment depuis la création de la charte de gestion des déchets de plâtre, adoptée par les professionnels du secteur en 2008. La situation a changé en 2021 : le tri des déchets de plâtre est devenu obligatoire.
Un décret adopté le 16 juillet 2021 a, en effet, modifié les dispositions de l’article D543-278 pour élargir le tri 5 flux à un tri 7 flux, comprenant le plâtre. Depuis le 1er janvier 2025, les textiles s’y ajoutent : on parle désormais de tri 8 flux.
Le tri 5 flux rend obligatoire le tri des papiers et cartons, des métaux, des plastiques, des verres et déchets de bois. Le tri 7 flux intègre à cet ensemble de déchets dont le tri est obligatoire les déchets de fraction minérale comme les briques, les tuiles, le béton, les pierres ou les céramiques, ainsi que les déchets de plâtre.
Cette obligation concerne tous les détenteurs et producteurs de déchets de plâtre comme les entreprises, les chantiers, les commerces, etc.
Pour être concerné par l’obligation, il faut aussi soit faire collecter ses déchets par un prestataire privé, soit les faire collecter par le service public tout en ayant un volume hebdomadaire de déchets supérieur à 1100 litres.
Pour trier leurs déchets de plâtre dans le cadre du tri 8 flux, les entreprises peuvent installer une benne ou une poubelle par flux et trier en interne leurs déchets. Elles peuvent aussi tout placer dans une seule benne et confier le tri à un prestataire externe.
L’entreprise ou le prestataire chargé de la collecte doit ensuite produire pour l’entreprise une attestation annuelle de collecte et de valorisation qui indique la quantité et la nature des déchets collectés. Le document doit aussi indiquer l’endroit où les déchets sont valorisés. La traçabilité des déchets sera meilleure et la surveillance des entreprises concernées renforcée. En cas de manquement, l’administration peut prononcer une amende allant jusqu’à 150 000 euros et une astreinte journalière jusqu’à 1 500 euros (article L541-3 du Code de l’environnement).
L’article L. 541-21-2 du code de l’environnement a également été modifié afin de rendre obligatoire la revalorisation des déchets du bâtiment. Ceci passe par une obligation de trier les déchets sur les chantiers, afin d’augmenter le taux de revalorisation de ceux-ci.
Cette loi concerne 6 flux : les fractions minérales, le métal, le verre, le bois, le plastique et le plâtre. Les entreprises du bâtiment doivent donc trier ces déchets, les séparer des autres déchets et les collecter séparément. En dehors du plâtre, les autres déchets peuvent être mélangés à condition que ce mélange ne nuise pas à leur capacité à être recyclés et que la collecte conjointe n’aie pas une efficacité inférieure à celle de la collecte séparée.
Le tri de ces déchets sur les chantiers est donc obligatoire, mais il est aussi récompensé. Depuis la mise en place en 2023 de la filière REP des produits et matériaux de construction du bâtiment (REP PMCB), les déchets du bâtiment triés peuvent être repris sans frais dans les points de collecte référencés par les éco-organismes, alors que leur évacuation représentait jusque-là une dépense considérable.
Toutefois, le mélange de certains déchets peut priver les entreprises de cet avantage.
À noter aussi que les responsables des entreprises qui enfreignent ces dispositions s’exposent à des amendes pouvant aller jusqu’à 75 000 euros et à des peines de prison d’une durée pouvant aller jusqu’à deux ans.
Oui, le plâtre est recyclable à 100 % et indéfiniment. Les déchets de plâtre, comme les chutes de plaques, les cloisons de démolition ou de rénovation, sont broyés et débarrassés de leur papier et des éléments indésirables. La poudre de gypse obtenue est réintégrée dans la fabrication de nouvelles plaques de plâtre. Pour être recyclé, le plâtre doit être propre et collecté séparément des autres déchets.
Les particuliers déposent leurs déchets de plâtre en déchetterie, dans la benne dédiée au plâtre lorsqu’elle existe. Les professionnels les collectent sur le chantier dans une benne réservée au plâtre ou les apportent dans un point de collecte professionnel. Dans tous les cas, le plâtre ne doit pas être mélangé aux gravats, au bois ou aux déchets en mélange, sous peine de ne plus pouvoir être recyclé.
Non. Le plâtre n’est pas un déchet inerte : au contact de l’eau, il libère des sulfates qui peuvent polluer les sols et les nappes. Il est donc refusé dans les bennes à gravats et dans les installations de stockage de déchets inertes. Un lot de gravats contenant du plâtre perd sa qualité de déchet inerte et coûte plus cher à traiter. Le plâtre doit être collecté dans une benne à part.
